FOCUS

FOCUS #1 – Bo Burnham (2021)

J’ignore si cette série est une bonne idée. Je cherche depuis longtemps une manière de diversifier ce blog, dont l’objectif premier a toujours été de parler de sujets qui me passionnent, pour mieux les assumer en dehors. Dans FOCUS, je ne me focaliserai pas que sur le gaming et le cinéma. Il y aura de tout. Aujourd’hui, je vais parler d’un comédien, youtubeur, chanteur, acteur et réalisateur. Son nom est Bo Burnham. 

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Bo Burnham : les débuts

Bo Burnham a commencé sur Youtube il y a maintenant 12 ans. Seul, dans sa chambre, avec son synthé, il chante « My Whole Family Thinks I’m Gay. » La qualité vidéo n’est pas là, les blagues ne volent pas haut, le piano est trop fort, et il y a quelques fautes. Après tout, c’est un adolescent de 16 ans, faisant des vidéos dans sa chambre. Cependant, c’est déjà excellent pour une toute première vidéo, l’humour et le format qui feront son succès sont déjà là. Cette vidéo culmine aujourd’hui à plus de 10 millions de vues. 

Bo sortira 11 des 35 vidéos de sa chaîne dans les deux premières années. Alternant entre piano et guitare, il s’amuse avec les mots, dans une ironie si évidente qu’elle ne peut que faire rire, même avec des sujets tels que le Ku Klux Klan. Oui, vous avez bien lu.

Par la suite, les vidéos de sa chaîne seront, à quelques exceptions près, des extraits de spectacles, ou des mises à jour sur sa tournée. Bo Burnham est donc un pur produit de Youtube, mais depuis son plus jeune âge, c’est la comédie qui l’intéresse. Avant de passer à une analyse plus en détail de son travailje me permets de mentionner qu’il a également un passé d’acteur. Il a notamment eu sa propre série, Zach Stone is gonna be famous, dont l’unique saison a été diffusée en 2013 sur MTV. Je me dois également de mentionner son caméo mémorable dans la sitcom Parks And Recreation que vous pouvez voir ici.

Bo Burnham : un rapport ambigu avec la comédie

Il n’y a rien de pire que 5 comédiens, dans une même pièce, « performant » une conversation

Ces mots, prononcés par Bo Burnham en 2018 lors de son passage sur le H3 Podcast, m’ont marqué, tant ils reflètent la réalité, et que cette impression proche du dédain envers la comédie et la performance se retrouvent ironiquement dans ses spectacles. Je n’avais jamais réellement remarqué ça jusqu’à ce qu’il le dise dans une interview, mais dès qu’un comique sera invité dans un talk-show, ou interviewé pour quelque raison que ce soit, il n’y aura pas de conversation réelle, cela se terminera par des extraits de son spectacle. Le comédien transformera la conversation en performance.

L’exemple le plus criant de cette tendance est une vidéo que j’ai trouvée récemment. Je venais de regarder le dernier spectacle complètement en anglais de Gad Elmaleh, et je suis tombé sur cette interview. Pour la plupart des questions, il répond avec des parties de ces sketchs. Certains me diront qu’il ne fait que son boulot, qu’il doit faire sa pub pour se faire connaitre, mais je trouve assez déshumanisant de camoufler ça dans une vraie conversation. C’est peut-être simplement moi. Voilà l’interview en question. 

« Il n’y a rien de pire que 5 comédiens dans une pièce, performant une conversation. » Cette phrase est assez spécifique, vous ne trouvez pas ? C’est parce que pour Bo, c’est du vécu. J’ai trouvé la prochaine vidéo assez difficile à regarder, très honnêtement. En 2013, Bo était un invité du Talk Show « The Green Room with Paul Provenza. » Voici une compilation des meilleurs moments, où on peut clairement voir qu’il ne s’agit que d’un concours de celui qui fera le plus rire l’audience, et non d’une conversation. On appréciera la répartie d’un Bo Burnham alors âgé de 20 ans, qui est parvenu à se faire respecter par des vétérans de l’industrie avec des comebacks absolument magnifiques face à tant de condescendance.

Faire un spectacle de comédie, à propos du métier de comédien, quelle ironie

Dans Make Happy, son dernier spectacle datant de 2016, Bo Burnham évoque son rapport avec la comédie. Il met en évidence le point commun entre tous les « comiques » : ils parlent de leurs expériences, de leur vie quotidienne, mais avant tout de choses auxquelles le public peut se rattacher. 

Peu importe le spectacle que vous irez voir, il y aura des thèmes communs. En France, si vous voulez faire un spectacle comique, il vous faudra obligatoirement faire un sketch sur le racisme. Si vous êtes un homme blanc hétérosexuel s’essayant à la comédie, il vous faudra absolument faire un sketch se moquant de votre femme, ou encore mieux, de votre ex-femme, afin d’attirer une audience masculine encore plus large, avec des individus en quête d’une bonne dose de rire à 40€ la place, pour oublier le temps d’une heure qu’ils sont au bord du gouffre. Mieux encore, si vous êtes d’origine asiatique, il vous suffira de faire l’accent, et les gens qui n’osent pas rire des asiatiques en public s’en donneront à cœur joie.

Je viens de vous décrire en quelques lignes la chanson WHAT’S FUNNY, de son spectacle WORDS WORDS WORDS datant de 2010. Au-delà de l’ironie évidente des paroles, il y a un regard acerbe sur le métier de comédien. Vous aurez beau parler de votre vie et de vos expériences, il y aura toujours le public. Vous n’êtes pas là pour parler aux gens, vous êtes là pour les faire rire, c’est votre métier. En conséquence, il vous faudra trouver ce qui les fait rire, au point souvent de vous fourvoyer. 

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Traduction : « Être un comédien, ce n’est pas être un connard insensible qui capitalise sur les pulsions les plus animales de son public, c’est être un héros ! »

Pour revenir à mon propos sur le spectacle Make Happy, Bo constate qu’il a beau essayer de se conformer au format habituel des spectacles de comédie, il se retrouve toujours à la fin à parler du métier de comédien. Il avoue s’être longtemps demandé si les gens allaient pouvoir se retrouver dans ses paroles, s’identifier a certains aspects de son propos. Il s’est ensuite rendu compte que nous sommes tous des comédiens, performant notre vie sur cette grande scène que sont les réseaux sociaux.

C’est la seule version de ce monologue disponible en dehors de Netflix en 2021, désolé.

Je trouve ce monologue fascinant, notamment la phrase : « Les réseaux sociaux sont la réponse apportée par le marché à une génération en mal de performance. Le marché a simplement dit : « Ici, performez tout, tout le temps, partout, sans aucune raison. » C’est une prison, c’est horrible. » Pourtant, on les utilise. Au-delà du fait que les réseaux sociaux nous piègent dans une spirale virtuelle, addictive et toxique, en créant ces fausses places publiques où les gens pensent pouvoir dire tout ce qu’ils souhaitent sans en subir les conséquences, ils ont rendu célèbres des personnes incroyables (Jonny Sun, Dodie Clark, Nathan Zed, Jack & Dean, je ne cite que mes préférés). Ils ont aussi permis la rencontre d’individus aux passions communes, ou encore donné des amis a des adolescents harcelés se sentant horriblement seuls, entre autres. C’est paradoxal.

Une nouvelle fois, il fera un rapport avec le métier de comédien. Dans cette quête continue d’un public, les comédiens font partie des rares personnes en ayant trouvé un dans un contexte réel, ce qui m’amène au prochain sujet. La reconnaissance et la célébrité.

Au-delà du métier de comédien

Devenir célèbre ne vous rendra pas heureux.

« J’ai eu une vie privilégiée, j’ai eu de la chance, et ça ne m’a pas rendu heureux. » Bo Burnham a déjà dû répondre à une question qui revient souvent dès qu’une personne atteint un certain degré de célébrité : « Comment est-ce que je peux devenir célèbre comme toi ? Comment entrer dans l’industrie ? » Invité à l’émission Conan, il a eu une réponse à cette question qui m’a fait beaucoup rire. « Prenez une grande inspiration et abandonnez. » Il pose en exemple des artistes mainstream telles que Taylor Swift ou Katy Perry, vous disant qu’en suivant vos rêves, tout devient possible. C’est tout simplement faux. Il évoque le fait que dire une telle chose est comparable à un gagnant à l’Euro Millions vous disant d’hypothéquer votre maison pour acheter des tickets parce que ÇA FONCTIONNE.

Le seul véritable conseil à retenir de cette interview est de ne pas suivre l’exemple de gens comme lui (entendre, Homme, Grand, Blanc, Hétérosexuel) qui n’ont surmonté aucun obstacle, mais ont quand même dû avoir énormément de chance, tout en bravant un système dont le seul but est de vous faire échouer. Ce qui a commencé comme étant une simple blague s’est révélé comme étant un conseil efficace pour ceux cherchant à « percer » avec leurs propres œuvres. Vous travaillez sûrement d’arrache-pied et c’est très impressionnant, mais malgré cela, la majeure partie du prix du ticket d’entrée dans « l’industrie » est la chance pure et simple. Voilà l’interview en question. 

Comme je l’ai dit précédemment, il évoque dans Make Happy le fait que cette vie privilégiée et cette chance lui ayant permis d’accéder à un certain niveau de célébrité ne l’ont pas pour autant rendu plus heureux qu’avant. La recherche du bonheur est un autre élément récurrent dans le travail de Bo Burnham. Au début de son spectacle what. de 2013, la voix off annonce : « Tu es un enfoiré, Bo. Tu vas mourir seul et tu le mérites. En attendant, tu n’as qu’à faire tes petites blagues idiotes, pour voir si ça aide. » La seconde chanson de ce même spectacle, sobrement intitulée sad, évoque le fait qu’il est difficile de vivre une vie heureuse lorsque l’on s’intéresse ne serait-ce qu’une minute aux atrocités se déroulant chaque jour dans le monde, au point que certains choisissent le déni, ou l’humour noir, parce que « l’empathie, c’est déprimant. » Enfin, ma chanson préférée sur ce thème est Are You Happy. 

« Sur une échelle de 1 à 0, êtes-vous heureux ? » Il n’y a pas d’échelle du bonheur. On est heureux, ou on ne l’est pas. Qui l’est vraiment ? « Si vous savez, ou avez déjà su comment être heureux, sur un échelle de 1 à 2 maintenant, êtes vous heureux ? » Il n’y a pas non plus d’état final du bonheur. Une fois qu’on a atteint un stade, on cherche le prochain. Cette chanson, très belle, proposée en fin de la version Netflix de Make Happy, évoque le fait que beaucoup de gens paniquent au moindre moment de tristesse, pensant que ça y est, leur vie est ratée. C’est un sentiment commun, naturel même, mais une vie entièrement constituée de bonheur est impossible, c’est un fait. Alors, pas de panique en cas de coup de mou, on souffle un grand coup. La tristesse, comme le bonheur, est temporaire. 

La tirade à la Kanye West

Le regard le plus frappant sur le métier de comédien est porté dans le final de Make Happy. Sous couvert d’une tirade autotunée à la Kanye West, il enchaine les métaphores sur la célébrité, puis termine de façon brutale et honnête sur son ressenti personnel et le métier de comédien. C’est une chanson fascinante que vous pouvez voir sur sa chaîne. 

Les interprétations vont bon train concernant cette performance, notamment sur la partie « Burrito » de la chanson, vue comme une métaphore de la célébrité. On vous vend une recette alléchante, la célébrité, on vous laisse y mettre tout ce que vous voulez, mais à la fin, ça ne ferme pas. Ça déborde et si on avait su, on n’en aurait pas pris la moitié. Cette théorie me plaît beaucoup. Pour le reste, c’est de l’honnêteté brutale. « Venez voir le gars mince à la santé mentale en chute libre, et riez en le regardant essayer de vous donner ce qu’il n’arrive pas à se donner lui-même. » « Vous pouvez leur dire n’importe quoi, si vous rendez ça drôle et que ça rime, et s’ils ne vous comprennent toujours pas, recommencez. »

Ce sketch, le dernier en date de Bo Burnham, est tellement honnête et en dehors de l’ironie que beaucoup, moi y compris au début, ont cru y voir un appel à l’aide. Une réelle inquiétude sur son bien-être est née. Seulement, le jour où il a découvert l’existence d’un forum à son sujet sur Reddit, il a rassuré tout le monde avec un message que je n’ai pas pu retrouver dans la masse, mais qui disait que tout allait bien chez lui et où il conseillait aux gens de se focaliser sur les vrais malheureux, ceux qui n’en parlent pas et qui au final se suicident.

La musique, c’était mieux avant

J’en ai un peu marre de faire de l’analyse, alors je vais simplement partager trois chansons de Bo Burnham, cette fois purement dans l’humour, évoquant l’évolution actuelle de la musique. C’est drôle, c’est cadeau.

Si vous avez la possibilité de vivre votre vie sans un public, vous devriez le faire

Avant de passer à un propos de conclusion, portant sur où se trouve Bo Burnham dans sa carrière en 2018, je vais m’arrêter quelques instants sur cette phrase, prononcée dans le monologue avant le final de Make Happy que j’ai posté plus haut. Au-delà de l’ironie ultime consistant à dire ça en tant que comédien devant un public, cette phrase m’a vraiment marqué. De plus en plus de personnes prennent des pauses digitales, pour se ressourcer, réapprendre à apprécier la solitude et à profiter de l’instant présent. À une heure où même en dehors des écrans, nous sommes bombardés d’informations et encouragés à avoir une vie sociale fournie tout en maintenant un niveau convenable d’études, c’est difficile de se poser et de remettre sa vie en ordre, ou simplement de souffler seul le temps d’un instant.

Personnellement, je viens de passer de deux années de droit relativement pleines de solitude, avec un temps libre rempli de projets divers, dont ce blog, pour ne pas devenir fou, à une vie sociale relativement « normale » en l’espace de quelques semaines, au point de devoir revoir complètement mon organisation. Tout le monde s’en fout, j’en ai conscience, mais garder cette phrase en tête m’aide à me rappeler que des fois, il faut se mettre au premier plan, éteindre le téléphone, refuser une sortie, et prendre soin de soi le temps d’un moment, pour ne pas perdre la boule. 

Enfin, je me permet de partager le spectacle what de Bo Burnham, qui est disponible en intégralité et légalement sur sa chaîne Youtube. Le voici. Bon visionnage ! Notez qu’il vous faudra un compte Youtube âgé de plus de 18 ans pour regarder.

Bo Burnham – Et maintenant ?

Après une longue pause sur les réseaux sociaux, Bo a ressurgi en 2017 pour annoncer que son premier film, Eighth Grade, allait être dévoilé au festival SunDance. Le film est sorti aux Etats-Unis en 2018 et est disponible en Blu-Ray sur Amazon. Vous pouvez retrouver mon avis express, ici

Je ne pensais pas mettre cet article à jour en 2021, mais bon, il y a eu de l’évolution, donc pourquoi pas ? En 2020, Bo Burnham a décroché un rôle secondaire dans le film Promising Young Woman, qui fera bientôt l’objet d’un avis sur le blog. Ce film a récemment remporté l’Oscar du meilleur scénario original donc j’ai vraiment hâte de le regarder. Voilà la bande-annonce.

Sinon, le 28 avril 2021, Bo Burnham a surpris tout le monde en annonçant son grand retour à la comédie. Intitulé « Inside », ce spectacle filmé chez lui, sans équipe ni public (tiens donc), portera très certainement sur la vie enfermée créée par les confinements répétitifs. J’ai vraiment hâte de regarder ça. Ce spectacle fera par ailleurs l’objet de son propre avis complet sur le blog. 43 000 retweets et près de 200 000 j’aime en moins de 24 heures. Les gens ont hâte, Bo Burnham est de retour.

Voilà ! C’en est fini de la première partie de ce nouveau format, dans lequel je tenterai de faire découvrir des artistes que j’aime, tout en essayant d’expliquer pourquoi je les apprécie. Pour Bo Burnham, c’est la philosophie liée à l’humour qui m’a conquis. Parvenir à porter un tel regard incisif sur le métier de comédien, l’addiction à l’attention, à la célébrité, et sur la recherche du bonheur, tout en y ajoutant des chansons tout simplement drôles, voire émouvantes, est quelque chose que je trouve vraiment impressionnant.

(7 commentaires)

  1. C’est un article très détaillé, très informatif, et en même temps, il me semble très personnel. J’aime beaucoup découvrir cet artiste, que je ne connaissais que de nom suite à nos quelques conversations sur le sujet, et merci beaucoup de me le faire connaître plus en profondeur, afin de pouvoir apprécier à l’échelle plus générale son travail professionnel. C’est un personnage qui a vraiment l’air intéressant.
    Mais moi, j’ai surtout aimé ta façon à peine perceptible de te livrer derrière cet article 😉 on en apprend plus sur toi en lisant ton avis sur cet homme, et c’est vraiment cool !

    En tout cas, je valide ce nouveau type d’article, très intéressant et plus riche (et long haha!).

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton commentaire, oui c’est vrai que je t’en avais déjà parlé un peu haha. Content que ça te plaise 😀 J’avais repoussé cet article à cause de son côté trop personnel, mais au final je trouve qu’il perd de sa valeur sans cet aspect, content que ça fonctionne en tout cas 🙂

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  2. Ça y est, j’ai enfin eu le temps de le lire, et quelle excellente surprise ! Ton article est fantastique ! Sincèrement, c’est très pro ! Je le connaissais pas du tout, je n’en n’avais jamais entendu parler mais ce mec est fascinant !
    L’article est vraiment bien construit, et on ressent qu’il y a du travail derrière. Je ne lis presque pas d’article sur internet, la plupart je les survole et c’est tout. Il n’y à que les tiens que je lis sérieusement, et là, ce format « FOCUS » est bien plus plaisant à lire qu’un avis express (même si j’adore lire les avis express.)
    Merci de m’avoir fait découvrir Bo Burnham, et merci pour ton article fantastique ! Hâte de lire le prochain FOCUS ! ça sortira quand ?
    En tous cas lâche pas ce format, il est vraiment très intéressant !

    Aimé par 1 personne

    1. OMG 😭 Merci beaucoup pour ce commentaire, content que ça te plaise! 3 semaines de boulot et je suis content que ça paie haha ! Je compte sortir un Focus par mois pendant un an, a partir de décembre, c’est mon objectif. Rdv le 28 décembre, pour FOCUS 2, sur Green Day 😉

      Aimé par 1 personne

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